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Publié par Admin le 01/03/2025
Pour la première fois, un F-35B (version STOVL: Atterrissage et décollage vertical) équipé d'un missile Meteor a pris son envol. Ce test marque une avancée majeure pour la Royal Air Force et l'Aeronautica Militare Italienne.
La RAF a annoncé que des vols d’essai ont été réalisés avec des missiles Meteor inertes. L’appareil utilisé appartenait à l'armée américaine (Corps des Marines) et opérait depuis la base aérienne de Patuxent River, dans le Maryland. Ces essais visent à collecter des données pour préparer l’intégration du missile et récuperer des données. Le premier vol, effectué le 20 novembre 2024, a été réalisé par le lieutenant-commandant Nicholas Baker de la Royal Navy.
Les photos publiées montrent un Meteor modifié avec des ailerons raccourcis pour un emport en soute, côte à côte avec un AIM-120 AMRAAM. Ce dernier est actuellement le missile standard du F-35, mais le Meteor ne boxe pas dans la même catégorie en termes de portée et de performances cinétiques et dispose ainsi, d'une NEZ (No Escape Zone) bien plus large.
À moyenne échéance, le missile équipera les F-35B britanniques et italiens, ainsi que les F-35A italiens. Chaque avion devrait être capable de transporter jusqu’à quatre Meteor dans son fuselage, préservant ainsi ses qualitées de furtivité.
Le Royaume-Uni a confirmé son intention d’intégrer le Meteor et le missile air-sol SPEAR 3 sur ses F-35B d’ici la fin de la décennie. Initialement, l’intégration du Meteor était prévue pour le milieu des années 2020, mais les retards et difficultées liées au développement du Block 4 ont sans doute eu un impact sur le calendrier d'intégration du missile de MBDA.
Il est à noter que cette nouvelle capacité pourra être déployée pour des opérations navales, depuis les porte-avions des forces navales britanniques et italiennes.
Le Meteor est déjà en service sur les Rafale F4 de l'armée de l'air et de la Marine Nationale ainsi que les les Eurofighter Typhoon britanniques et a terminé ses tests opérationnels sur les Eurofighters italiens fin 2023. Il se distingue par son moteur-fusée à statoréacteur, capable d’adapter sa poussée à chaque phase de vol. Cette propulsion lui permet de conserver une vitesse et une énergie élevées jusqu’à l’impact, contrairement aux missiles conventionnels qui perdent leur agilité en phase finale.
Grâce à son mode de propulsion et sa taille, le Meteor possède une no-escape zone plus large que les autres missiles occidentaux en service actuellement, réduisant les chances pour une cible de manoeuvrer et de "fatiguer" le missile.
Si sa portée exacte est classifiée, elle est estimée à environ 210 km. Sa portée réelle dépend toutefois de nombreux facteurs, comme l’altitude et la vitesse, l'aspect et la capacité de ses cibles à manoeuvrer.
Le Meteor est doté d’une liaison de données bidirectionnelle qui lui permet de recevoir des mises à jour en vol depuis l’avion lanceur ou d’autres sources. Cette liaison améliore sa précision et son efficacité tactique. Grâce à elle, le pilote peut surveiller les paramètres du missile (carburant, trajectoire, cible) en temps réel.
Sur F-35, ces capacités seront encore renforcées. L’appareil, équipé de liaisons de données et de fusions de données, pourrait fournir au missile des données de ciblage et des mises a jour en vol sans illuminer une cible avec son radar, maintenant ainsi sa furtivité.
En combat aérien, le F-35 pourra donc tirer parti de sa discrétion et de ses capteurs pour l'interception d’ennemis à très longue distance, avant même d’être détecté. Cette capacité devient cruciale face à la montée en puissance des systèmes infrarouges de recherche et de poursuite (IRST), conçus pour détecter les avions furtifs ou l'intégration de radars en bande L (le SU-57 disposerait de radars en bande L dans ses bords d'attaque) capables de détécter des chasseurs conçus pour la furtivité.
L'intégration du Meteor fait partie des améliorations du Block 4 du F-35. Ce programme comprend notamment l’intégration du radar AESA AN/APG-85, offrant une meilleure portée et résolution, ainsi que des mises à jour des systèmes de guerre électronique et de l'IRST du F-35.
Le Block 4 repose sur une le mise à jour Technology Refresh-3 (TR-3), qui vise en grande partie a décupler la puissance de calcul du F-35. Annoncée comme 25 fois supérieure à l’ancienne architecture TR-2, le développement de TR-3 a rencontré des retards, impactant la livraison des nouveaux F-35 et par ricochet l’intégration du Meteor.
Le Meteor pourrait être un nouvel argument en faveur de l'avion furtif de l'avionneur américain dans ses prospects à l'export.
L’ajout du Meteor au chasseur furtif de Lockheed Martin s’inscrit dans une tendance plus large vers l’armement Air-Air à longue portée des avions de chasse. l'Us air force ne dispose pas, pour le moment de missile Air-Air longue portée, un problème face aux bombardiers stratégiques ou aux appareils de détéction aéroportée ou de renseignement qui évoluent en arrière de la chasse.
Face à des avions de combat équipés de missiles comme le R-37M russe, le PL15 ou PL-17 chinois, les pays occidentaux longtemps sans réele concurrence apres la chute du mur de Berlin cherchent à garder un avantage qualitatif et à ne pas subir une rupture technologique et doctrinale que les américains ont mis bien du temps à comprendre et qui n'est pas encore comblée. (cf. le missile MER-AIR RIM174ERAM SM-6 adaptée en version AIR-AIR NAIM174B par l'US Navy dans un "crash program")
L'intégration du Meteor à un chasseur furtif comme le F-35 était attendue et indispensable pour conserver la crédibilitée des armées de l'air Européenes face au développement de missiles longue portée Russes ou Chinois, jusqu'ici, ce chasseur de cinquième génération avait un peu "les pattes courtes" face aux J-16 , J-16 et autres MIG-31.
En attendant l'intégration d'une alternative américaine avec l'AIM-260 au F-35, l'Europe à ouvert la voie occidentale du renouveau des missiles Air-Air longue portée.
Photographie: crédits: Royal Air Force
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